Test de Space Hulk : Tactics

On est complètement inondé de jeux Games Workshop. Partout, sur toutes les coutures, tous les univers créés par la firme anglaise : Warhammer, 40k, inquisitor, Bloodbowl et maintenant Space Hulk (et pas pour la première fois, récemment… bizarre comme politique).

Quoi qu’il en soit, ce nouveau jeu estampillé Space Hulk : Tactics est développé et chapeauté par des habitués du genre, avec beaucoup de succès, car ce n’est autre que le duo Cyanide/Focus à qui ont doit le très bon et très fidèle BloodBowl, et sa suite BloodBowl 2. Du coup, on sait très bien ou on met les pieds : une adaptation fidèle du jeu de plateau.

Et bingo, ça ne loupe pas, on est dans le jeu de plateau. Avec toutefois quelques libertés pour dynamiser un peu le gameplay assez longuet du jeu de table.

Synopsis

Nous voici donc dans l’univers de Warhammer 40k. Un Space Hulk, énorme amas de débris spatiaux, un conglomérat d’épaves dérivant dans l’espace et dans le warp, menace d’entrer en collision avec un monde-forge de l’Empire. Le Space Hulk étant bien plus imposant que ladite planète, la menace est extrêmement sérieuse. Une escouade de Blood Angels, un des chapitres de la marine impériale, a intercepté l’appel en détresse de la planète et arrive, avec leur vaisseau mère, à proximité. Pas le choix, il va falloir entrer dans le Titan pour y disposer quelques têtes nucléaires et espérer pouvoir vaporiser ce monstre de métal de l’intérieur.

Voilà pour la trame d’introduction. Étant donné que le jeu est une adaptation presque fidèle du jeu de plateau, on a affaire ici à un tour par tour. D’un côté les Space Marines du chapitre des Blood Angels, de l’autre les Genestealers.

Deux Campagnes

Les 2 factions possèdent leur campagne propre : les Blood Angels devront s’enfoncer dans l’épave pour le détruire de l’intérieur. Ceux-ci se rendent rapidement compte qu’ils ne sont pas les premiers à pénétrer l’épave, sans pour autant avoir plus d’informations. Mais l’inquisition intervient avec un agenda qui leur est propre…

et pour les Genestealers, on revient via un flash-back sur cette intervention antérieure d’un ordre Space Marines dans l’épave du Hulk. On devra éliminer l’ordre des Ultramarines qui ont pénétré le territoire des Genestealers.

Les 2 campagnes se recoupent donc, et ça donne un lore général vraiment sympa.

Il est à noter que c’est tout de même très sympa de pouvoir jouer « l’autre camp », et pas seulement les machines de guerre que sont les Space Marines. Les 2 gameplays sont d’ailleurs très différents l’un de l’autre. D’un côté on ressent vraiment la lourdeur du Space Marines, de l’autre l’essaim Tyranides dans toute sa splendeur.

Pour les Space Marines, on joue une escouade de 5 Blood Angels lourdement armés. Il y a plusieurs classes pour composer son commando de choc, a vous de vous adapter selon les besoins. Tandis que du côté Genestealers, vous pouvez en contrôler un nombre illimité, chaque tour vous donnant des points d’apparition de créatures qui apparaissent sur les points d’entrée des Tyranides. Donc si vous vous organisez bien au niveau de votre assaut, les adversaires seront vite submergés par le nombre.

Quelques libertés prises

Par contre, à l’inverse de Bloodbowl qui est une reproduction exacte des règles du jeu de plateau, les gars de Cyanide ont intégré un système de carte qui se rajoute aux règles de base de Space Hulk. Ces cartes retirent une grosse partie de l’aléatoire, car elles permettent 2 types d’actions :

  • Soit on applique l’action décrite dessus (genre le prochain tir est réussi, la prochaine esquive est réussie, etc.)
  • Soit on recycle les cartes pour se rajouter des points d’action pour l’escouade.

Ce qui change évidemment toute la donne. On a plus le stress du foirage sur une action critique. À mon avis, c’est un système qui a été intégré pour éviter la frustration d’un jet de dés foireux. Et de mon point de vue, c’est une très mauvaise chose. Alors oui, ça peut être frustrant de rater une action parce que les dés sont contre nous, et parfois on passe toute une partie à râler parce que RIEN ne nous réussit. C’est vrai. Mais ça fait partie du jeu. Tout élément statistique finit TOUJOURS par tendre vers l’équilibre. Toujours ! C’est prouvé. Et ça fait partie du jeu, cette prise de risque régulière pour réussir un coup d’éclat. Quand ça passe, c’est beau ! Et un bon joueur finira TOUJOURS par être dans le top. Et grâce à ce petit côté random, parfois un outsider peut prendre la mesure d’un champion. Ça aussi c’est beau. Les champions de poker ne le sont pas par hasard… ils sont bons et utilisent les probabilités à leur avantage. Mais ils peuvent aussi perdre contre kévindu62 qui a eu une courte période de chance ultime. C’est cool aussi. Frustrant, mais cool. Du coup, pour moi, l’ajout des cartes est une erreur. Néanmoins, si on part du principe que ce n’est pas tiré d’un jeu de plateau, ce système s’intègre bien dans le Tactical RPG qu’est Space Hulk : Tactics. Il donne d’autres possibilités. Mais pour moi il facilite trop la donne.

Pas pour autant que le jeu est facile, hein. Non, Space Hulk est un jeu cruel et très très difficile de base. Disons que maintenant… il est plus accessible…

Une IA totalement aux fraises

Un autre point qui m’a chiffonné dans le test : l’IA. Franchement… elle est à la rue. Space Hulk, c’est des objectifs de mission dans un temps donné. Les 2 joueurs sont censés connaître ces objectifs et le temps imparti a leur réalisation. Souvent du genre, pour les Space Marines, atteindre l’objectif X et le défendre durant 8 tours, tandis que les Genestealers doivent éliminer X ennemis dans le même laps de temps. Ils le savent ! Et bien, suffit de bien se positionner avec les Space Marines en mode « vigilance », pour dire qu’ils tireront sur tout ennemi en mouvement durant le déplacement ennemi (et ce, à chaque case de déplacement sur le plateau de jeu, il y a pas de munitions max) et les Genestealers ne bougeront pas d’un iota… parfois un s’y essayera, mais jamais plus… du coup, le côté « essaim de la ruche » est complètement foireux. C’est pourtant le but : submerger les space marines par le nombre ! Il suffit d’un qui passe, et c’est l’hallali.

Autre exemple : Les genestealers apparaissent à différents points d’apparition sur la carte. L’un d’entre eux, le plus proche de l’ennemi, est situé à 6 cases d’un piège qui dit que toute figurine située sur la case au terme de son tour est automatiquement détruite. Un genestealer à 6 de mouvement… je vous laisse devenir ce qui s’est passé, tous les tours, pendant 10 tours… Oui oui… des lemmings qui vont à l’abattoir. Je n’ai presque rien eu à faire. Juste gérer l’autre accès, sur cette mission…

Bref, ce n’est vraiment pas le point fort du jeu, pour le moment. J’espère que ça sera amélioré sous peu.

Pas pour autant qu’il faut bouder le jeu

Par contre, en multijoueur ce n’est pas la même chanson. Space Hulk : Tactics prend une tout autre dimension. Et un système de classement est mis en place dans le jeu (fonctionnais pas encore quand j’ai testé… mais il est présent) donc on devrait pouvoir jouer contre de vrais adversaires, tordus et mesquins. Bien plus fun.

Et un autre aspect très positif du jeu développé par les Français de Cyanide, c’est l’éditeur de map. Facile, intuitif, permettra de renouveler l’expérience un paquet de fois. Et Space Hulk est indémodable.

Parlons maintenant du point de vue technique : le jeu est très beau, rien à dire. L’ambiance pesante du Space Hulk, cette carcasse de métal rouillé, est omniprésente. Par défaut, le jeu se place en vue à la première personne et nous montre vraiment un souci du détail dans le décor, assez impressionnant. Mais très vite on basculera en vue isométrique par le haut, comme tout jeu du genre qui se respecte, pour avoir la vue d’ensemble. Et une fois mise, aucune raison de repasser en première personne si ce n’est s’en mettre plein la vue.

Entre les missions, vous pourrez adapter votre escouade, choisir vos hommes, leur équipement, etc. pour la mission suivante. On avance dans le Space Hulk comme sur la carte d’un FTL : on choisit une destination, chacune avec son lot d’embûches. Au plus on fait du mouvement, au plus l’essaim tyrannides prendra de l’ampleur dans les cases ou celle-ci se concentre et où il faudra néanmoins se déplacer.

Alors, au final, que dire sur ce jeu en conclusion. Et bien je suis sceptique et un peu déçu sur certains points, mais je suis encouragé sur d’autres. Déçu de l’optique choisie d’avoir voulu simplifier un jeu de plateau qui a fait ses preuves depuis plusieurs décennies. Déçu de l’IA complètement aux fraises. Et aussi par un didacticiel vraiment peu efficace et pas du tout assez complet pour un jeu aux subtilités assez nombreuses. Par contre je suis aussi comblé par l’aspect narratif du jeu, qui est vraiment bien rendu. La campagne est intéressante et le croisé avec la campagne des genestealers vraiment sympa. Le gameplay de base est très prenant et le jeu peut être très casse-tête à démêler. On prend plaisir à analyser la situation et à vouloir survivre dans cet environnement hostile. Ne vous attendez pas à un jeu nerveux. Déjà que le genre est, par essence, assez lent dans son gameplay, SH : Tactics l’est deux fois plus. On ressent le poids des machines dans le jeu (et je parle tant au sens propre qu’au figuré).

Au final, je dirais que malheureusement, Space Hulk : Tactics n’a pas pu briser la malédiction qui pèse sur la licence. Le jeu est bien, mais…

 

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McDarsh / Loups Blancs

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